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L’idéal démocratique démasqué

Rédigé avec finesse par Étienne Desbiens Després on Mardi, 28 décembre 2010Pas de commentaire

En réponse à la lettre d’opinion du candidat au Doctorat en Sociologie à l’UQAM, Mathieu Buck-Côté, un joli pastiche.

Ceux qui se réclament de la lutte contre l’axe du mal n’ont aucun problème de conscience à persécuter ou à diffamer ceux qu’ils désavouent – même lorsqu’il s’agit d’alliés historiques siégeant au sein de l’OTAN et même de leaders occidentaux incarnant la bonne conduite mondiale au sein de l’ONU (États-Unis vs France).
Loin d’être anecdotique, ce qu’on conçoit comme la bonne conduite des affaires extérieures des États-Unis, la lutte contre le terrorisme et l’exportation des valeurs démocratiques au nom d’un idéal occidental que tous devraient aspirer atteindre, que personne malheureusement ne questionne les postulats philosophiques politiques, tant ils sont inscrits dans l’espace public et positionner durablement en se présentant sous les traits de la “démocratie”, terme qui lui permet de masquer son sens impérialiste.
Étant devenu le projet politique clairement défini, auquel tous et chacun devraient aspirer, la démocratie au nom de la défense sine qua none des valeurs occidentales et du freeworld nous replonge dans une guerre froide, omission faite par nous les occidentaux que le mur de Berlin est tombé depuis longtemps déjà. Au centre de son imaginaire, on trouve une hostilité viscérale envers la civilisation arabe, accusée d’être le berceau du terrorisme internationalisé, lequel menace nos valeurs démocratiques et notre statut citoyen ( lire consommateur). La démocratie représente le monde arabe plus ou moins abstraitement comme un amalgame d’États voyous, car la rhétorique qui la sous-tend est sans fondements réels ( on se rappelle qu’il n’y avait pas d’armes de destructions massives…). Le centre de ces états voyous est alternativement placé en Afghanistan, puis en Irak, ou parfois au Pakistan, selon la correction qu’on doit  sans cesse apporter à la rhétorique qui articule l’agir de la guerre contre le terrorisme, elle, très défaillante. C’est dans cette perspective qu’on doit comprendre son arabophobie et qu’on observe des contournements aux liens supposément démocratique unissant les états occidentaux, notamment quand les États-Unis ont discrédité la France dans leur refus d’une deuxième Guerre du Golfe, donc dans  le refus de certains –plus éclairés- de refuser une telle rhétorique.
Si la démocratie continue de fantasmer sur l’idéal américain et le modèle économique néolibérale consacré comme dogme, elle refuse aveuglément que des puissances émergantes n’atteignent leur grandeur par une voie autre que celle de son modèle, seul garant de la liberté. Première à susprendre les libertés civiles, elle masquera volontiers ce qu’elle dénonce à ses détracteurs.
C’est une même disposition d’esprit qui questionne l’ultragauche et ses voyous casseurs encagoulés lors des sommets internationaux qu’elle s’imagine bien mal comme étant des militants au service des victimes du capitalisme mondialisé – l’oeuvre sacré du marché capitaliste n’ayant pas réussi à convaincre ces âmes égarés que le marché engendrait la richesse.  La démocratie à la défense des femmes de l’humanité, car seule mouvance politique se positionnant ouvertement contre les valeurs rétrogrades que prescrivent les religions autres que judéo-chrétienne, enfermant les femmes du monde arabe derrière une burqua et autres pratiques de ségrégations sexuelles qu’elles n’ont évidemment pas désirées. La féminisme libérale à la défense de ces femmes, quant on sait que la société américaine est l’idéal à atteindre pour détruire tous rapports de genres et structures patriarcales. Défendons donc cet idéal démocratique, seul vecteur de l’évolution humaine, sans considérations pour une prise de position normative évidente.

La démocratie a une arme, la diabolisation, qui vient avec son lexique: “dictateur”, “axe du mal”, “evil”, “voyous”, etc. Elle en use avec d’autant plus d’efficacité qu’elle est persuadée de livrer une lutte à finir contre l’oppression. Ainsi, l’Irak de Saddam Hussein était assimilée au «mal» et l’Iran est accusé de compromettre l’existence d’Israël.. Évidemment, ceux qui expriment un désaccord avec l’idéal démocratique sont nécessairement des mercenaires ou des chiens de garde de du terrorisme. Ils n’ont plus le titre d’interlocuteurs valables.
Il s’agit chaque fois de caricaturer l’adversaire sous le signe du mal radical. Et dans la guerre ouverte du bien contre le mal, tout est potentiellement permis. Ceux qui se réclament de la lutte contre la Démocratie n’ont aucun problème de conscience à persécuter ou à diffamer ceux qu’ils désavouent – même lorsqu’il s’agit d’État digne de ce nom.. Au nom d’un antifascisme carnavalesque et anachronique, la démocratie cherche à tendre un cordon sanitaire autour de ses détracteurs.
Évidemment, et il faut le rappeler, la démocratie de certains n’est pas celle du tout.. Mais ses analyses sont souvent récupérées de manière plus ou moins atténuée par des acteurs du débat public dont on ne saurait contester les convictions démocratiques. C’est justement pour cette raison que c’est la droite démocratique qui devrait être la première à rappeler à l’ordre ceux qui pratiquent une opposition radicale à la démocratie occidentale et à la civilisation qui l’irrigue.

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